Archives du tag ‘Musulmans

Le gouvernement libanais intronisé sous l’oeil d’Israël

vendredi, août 15th, 2008 par Clovis Casadue

Alors que le président, Michel Sleimane, doit rencontrer Bachar Al Assad lors d’un sommet Liban-Syrie, aujourd’hui et demain, le gouvernement d’union nationale du premier ministre, Fouad Siniora, est officiellement entré en fonction, hier, après le vote de la confiance du Parlement, avec cent voix sur cent sept députés présents. Ce vote clôt plusieurs jours de débats houleux entre députés de la coalition majoritaire et de l’opposition, dont le Hezbollah, les orateurs des deux camps se renvoyant la balle et se coupant continuellement la parole au cours de discours fleuves lus à la tribune depuis vendredi.

Si les partis ont fini par enterrer la hache de guerre sur un pacte d’équilibre plus que de confiance, c’est que chacun sait qu’il ne peut gouverner sans l’autre. La majorité doit s’assurer de la « tolérance » de l’opposition pour tenter de reconstruire le pays et organiser des élections législatives en 2009, et les chiites, minoritaires, ont besoin de l’accord qui conforte leurs positions et leur minorité de blocage au sein du gouvernement d’union nationale mis en route par la communauté internationale le 21 mai dernier, à Doha.

Vendredi, le chef du gouvernement a lu sa déclaration de politique générale, un texte controversé fruit de trois semaines d’intenses discussions et de marchandages internes. Toujours au centre du débat, la question du contrôle de l’armement du Hezbollah, dont les représentants politiques tiennent onze postes gouvernementaux. Le compromis en vigueur assure le statu quo du rapport des forces et permet aux « résistants », comme se définissent les membres du Hezbollah, de garder la main sur leurs armes avec la bénédiction des forces politiques. La déclaration souligne en effet « le droit du Liban et de son peuple, son armée et sa résistance de libérer sa terre », notamment les Fermes de Chebaa, une région du Golan revendiquée par le Liban et occupée par Israël.

Ce compromis semble avoir le don d’énerver passablement les responsables israéliens, qui accusent la coalition de Fouad Siniora de céder « sur toute la ligne aux exigences du Hezbollah ». Ils font monter la pression sous prétexte que leurs services de renseignements auraient relevé que le gouvernement libanais n’assurait pas le contrôle des armes livrées au mouvement chiite via la frontière avec la Syrie, exigence fixée par la résolution 1701 des Nations unies.

Désireux de montrer ses muscles, le gouvernement israélien a fait savoir qu’il se mettait en mesure de préparer d’éventuelles opérations au sud du Liban. Hier, le ministre de la Défense, Ehoud Barak, et l’état-major de l’armée ont ainsi supervisé d’importantes manoeuvres militaires sur le plateau du Golan, qu’Israël occupe depuis 1967. L’ancien premier ministre, de 1999 à 2001, a assuré qu’il se prépare à « une remise en cause de l’équilibre dans la région », un message très rude à destination de la Syrie, et un avertissement fondé presque explicitement sur les mêmes arguments que ceux qui avaient justifié le déclenchement de la guerre de 2006 au Liban.

>Selon la justice néerlandaise, Wilders peut comparer islam et fascisme

mardi, avril 8th, 2008 par Clovis Casadue

Un tribunal de La Haye a estimé ce lundi que le député Geert Wilders pouvait comparer l’islam au fascisme et traiter le prophète Mahomet de « barbare », au nom de la liberté d’expression. Rappelant le droit fondamental à la liberté d’expression, le juge a donc considéré que « les propos contestés n’étaient pas contraire à la loi ». Selon le Tribunal, « un parlementaire doit pouvoir – parfois dans des termes crus – exprimer ses opinions. Dans ce contexte, il ne peut être dit que les propos de Wilders – même s’ils sont provocateurs – sont un encouragement à la haine ou la violence à l’égard des musulmans. »

Pour rappel, la Fédération islamique néerlandaise avait porté plainte contre le député populiste à la suite de la diffusion de son film Fitna. Geert Wilders y met en relation des versets du Coran avec des crimes terroristes, tels que les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis ou ceux de Madrid.

Retour sur les essais atomiques français dans le Sahara algérien (Vidéo)

mardi, mars 18th, 2008 par Clovis Casadue

Bien qu’aucun bilan n’ait été établi, le nombre de victimes des essais nucléaires aériens ou souterrains effectués au Sahara augmente inexorablement, souvent dans l’anonymat.

La France n’exclut pas une contribution matérielle pour le traitement des effets des essais nucléaires effectués durant l’époque coloniale en Algérie. C’est ce que révèle Son Excellence, l’ambassadeur de France en Algérie, Bernard Bajolet, dans une déclaration, rapportée hier par notre confrère Echourouk, qui affirme l’envoi dans ce cadre d’une équipe d’experts sur les lieux des explosions pour enquêter sur les dégâts causés aux habitations. Le diplomate français a précisé que son gouvernement réagira en fonction des résultats des enquêtes. Il a cependant révélé que le président Sarkozy a demandé à son homologue algérien, lors de sa visite d’Etat qu’il a effectuée début décembre, de séparer le dossier des essais nucléaires de Reggane de la coopération dans le domaine du nucléaire civil.

Autre révélation de M. Bajolet, le président Sarkozy a proposé à M. Bouteflika, selon lui, « la prise en charge médicale des victimes des mines antipersonnel implantées en Algérie à l’époque coloniale ». Il reste que si la France a attendu 45 ans après pour révéler l’implantation des mines antipersonnel posées le long de nos frontières, aucune cartographie des sites des dépôts des déchets radioactifs n’a été fournie à l’Algérie à ce jour. Paris refusait toujours d’ouvrir ses archives militaires concernant ce contentieux, sous prétexte d’un prétendu « secret défense » ou en évoquant ses engagements vis-à-vis du TNP. Pourtant, ces essais nucléaires ont eu de graves conséquences sanitaires et écologiques dans le sud du pays, d’où cette exigence d’ouverture des archives de l’armée française en vue de connaître la vérité.

Les essais nucléaires aériens ou souterrains effectués au Sahara ont produit de grandes quantités de déchets, enfouis seulement à quelques centimètres de profondeur, et fait beaucoup de victimes. Leur nombre augmente inexorablement, souvent dans l’anonymat. A ce jour, aucune liste n’est établie. L’absence de dépistage et d’archives sanitaires occulte les innombrables maladies comme le cancer et les décès entraînés par les radiations. Les victimes ne sont pas seulement les habitants des zones où les expériences ont eu lieu, mais même ceux se trouvant loin de cette zone.

La France coloniale a effectué son premier essai en Algérie le 13 février 1960 à Reggane sous le code « La Gerboise bleue ». Selon des chercheurs algériens, 17 essais nucléaires au total ont été menés par la France au Sahara, dont 4 à Reggane, entre 1960 et le retrait définitif de l’armée française de cette région en 1967. On estimait à au moins 30 000 victimes algériennes de ces expériences. Le dossier des essais nucléaires français en Algérie a été ouvert en 1996. Mais depuis cette date, rien ou presque n’est fait pour se débarrasser de ce legs empoisonné. La France devait pourtant prendre sa responsabilité juridique. Outre l’aide technique qu’elle est en devoir de fournir en matière de décontamination, elle doit ouvrir ses archives, mettre des noms sur tous les lieux secrets où les bombes avaient explosé.

Rabah Beldjenna